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La France vient de le faire. L'Inde suit — et l'horloge tourne plus vite qu'on ne le croit.
Policyaoût 2026

La France vient de le faire. L'Inde suit — et l'horloge tourne plus vite qu'on ne le croit.

Dimanche soir, à l'OVO Hydro de Glasgow, le drapeau des Jeux du Commonwealth a été remis à Amdavad. Les Jeux du centenaire arrivent en Inde en 2030 — cent ans après Hamilton 1930, et seulement la deuxième fois que l'Inde accueille la compétition, après Delhi 2010.

La comparaison que chacun fera désormais est celle de Paris 2024. C'est la bonne comparaison, et elle est presque toujours mal formulée.

Trois chiffres reviennent au sujet de Paris. Environ quatre-vingt-quinze pour cent des sites étaient existants ou temporaires. Quatre-vingt-sept pour cent des spectateurs ont rejoint les sites en transports publics. La dépense finale a dépassé le budget initial d'environ un quart — contre des dérives de l'ordre de 350 pour cent à Rio 2016 et de 280 pour cent à Tokyo 2020. Ces chiffres sont généralement présentés comme des réussites des Jeux. Il vaut mieux y voir les conséquences de décisions prises bien en amont.

Les quatre-vingt-quinze pour cent ne sont pas un exploit opérationnel réalisé à l'été 2024. Ils figuraient dans le dossier de candidature de Paris, publié avant le vote du CIO à Lima en septembre 2017 — sept ans avant la cérémonie d'ouverture. Plus de soixante-dix pour cent d'équipements existants, vingt-cinq pour cent de structures temporaires : la forme des Jeux était fixée avant la signature du moindre contrat. Lorsque le monde a salué cette politique de sites, elle avait près de dix ans.

C'est là que réside la leçon transférable, et elle porte sur le calendrier plutôt que sur l'architecture.

Amdavad dispose de quatre ans et quelques mois. Paris, au même stade de son cycle, avait déjà arrêté la nature des Jeux qu'elle voulait organiser. La question utile n'est donc pas de savoir ce que l'Inde peut copier de Paris. Elle est de savoir quelles décisions doivent être prises dans les dix-huit prochains mois — politique des sites et des structures temporaires, engagement sur les transports publics, modèle de main-d'œuvre et de bénévolat, usage post-Jeux nommément défini de chaque construction pérenne — car ce sont précisément celles qui ne pourront plus être reprises en 2029.

Le pont existe déjà. En janvier 2024, les deux gouvernements ont inscrit le sport dans la relation bilatérale : la déclaration conjointe publiée lors de la visite d'État du président Macron prévoyait de faciliter l'accueil de délégations sportives indiennes dans les centres d'entraînement français, et la France a proposé de partager son expérience de Paris 2024 avec l'Inde. En juillet 2026, le comité Sports de la FICCI et Business France ont conduit plus de vingt représentants de l'écosystème sportif indien à Paris et à Marseille — Stade de France, Vélodrome, forum RIGES — avec un livre blanc à venir sur l'héritage olympique français.

Notre réserve ne porte pas sur ces échanges. Elle porte sur leur forme.

Une délégation est un événement. Le transfert est une habitude. Ce qui fait réellement circuler le savoir-faire entre deux systèmes sportifs, ce sont des personnes intégrées assez longtemps pour s'y ennuyer : un entraîneur sur une saison entière, un responsable des opérations sur un cycle de construction complet, un classificateur sur une compétition entière. Nous mesurons la différence à notre échelle, modeste. Notre meilleur résultat à ce jour n'est pas une annonce mais une réalisation — un stage de vingt jours organisé à Lyon pour des joueurs de moins de 18 ans envoyés par le gouvernement du Meghalaya, à l'issue duquel quatre d'entre eux ont été repérés. Vingt jours ont produit davantage que vingt réunions.

Notre suggestion à ceux qui porteront Amdavad est donc modeste et peu spectaculaire : désigner le correspondant. Un canal permanent de transfert France–Inde, doté d'un responsable nommé de chaque côté et d'un mandat qui survive à toute délégation ou à tout mandat ministériel. Les délégations pourront alors l'alimenter au lieu de s'y substituer.

Nous ne construisons pas les Jeux du Commonwealth. Nous construisons le même mécanisme à plus petite échelle, et nous avons commencé tôt. Une lettre d'intention signée avec la Ligue Nationale de Basket en avril 2026 ouvre les environnements professionnels français au talent indien. Un parcours étudiant-athlète avec le LOSC Lille et l'Université de Lille associe un environnement footballistique exigeant à une véritable formation universitaire. Le 3e Tournoi de Football Indo-Français se tiendra en Inde du 26 octobre au 1er novembre — la première édition sur le sol indien.

La France vient de le faire. L'Inde suit. Ce qu'il faut copier n'est pas ce que Paris a construit, mais le moment où Paris a décidé.

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