Paris, France|New Delhi, Inde
IFSA
Contact
La candidature indienne pour 2036 a besoin de la France — plus que jamais
Diplomatiejuillet 2026

La candidature indienne pour 2036 a besoin de la France — plus que jamais

Le rêve olympique de l'Inde a une date, une ville — et désormais, une épreuve. La candidature d'Ahmedabad pour les Jeux de 2036 est entrée dans la phase de « dialogue continu » avec le CIO, mais le message venu de Lausanne est sans détour : avant toute discussion sérieuse, l'Inde doit répondre à des questions de fond — la gouvernance de son mouvement olympique, la crédibilité de sa lutte antidopage, et la profondeur de sa performance sportive.

New Delhi a réagi. L'Association olympique indienne a réglé sa crise de direction et ratifié son directeur général. Un comité antidopage de sept membres se met en place, avec un volet éducatif dès la base. L'IOA soutient désormais le projet de loi nationale sur le sport qu'elle contestait hier. Des pas réels — mais des réformes sur le papier ne valent pas une capacité démontrée sur le terrain.

Or ce qui manque à ce débat, c'est une évidence : les réponses que cherche l'Inde existent déjà, à deux ans et à l'autre bout du monde.

Paris 2024 restera comme les Jeux les plus sobres de l'ère moderne — environ quatre-vingt-quinze pour cent de sites existants ou temporaires, une livraison dans les délais, une gouvernance devenue référence pour le CIO, et un héritage réel : des piscines en Seine-Saint-Denis, un appétit national pour le sport, et la démonstration qu'une démocratie peut accueillir les Jeux sans se ruiner. Quand le CIO demande à Ahmedabad « comment livrerez-vous de manière responsable ? », la réponse la plus convaincante est : comme Paris — et avec l'aide de Paris.

Cette aide est sur la table. La France a été le premier pays à soutenir publiquement la candidature indienne — un engagement pris par le président Macron auprès du Premier ministre Modi début 2024, incluant le partage de l'expertise de Paris 2024. Et le canal n'a plus rien de théorique : ce mois-ci, une délégation de la FICCI — plus de vingt dirigeants du sport indien — a visité le Stade de France, l'INSEP et les sites olympiques de Marseille ; une délégation française se rendra en Inde en novembre pour le FICCI TURF, et un livre blanc sur l'héritage olympique français est en préparation pour les autorités indiennes.

Mais les délégations repartent, et les rapports se classent. Entre les sommets et les études, le projet 2036 a besoin de ce que l'Association Sportive Indo-Française construit depuis 2019 — soit sept ans : un pont permanent et opérationnel. Des échanges entre associations sportives indiennes et clubs français. Des camps d'entraînement où de jeunes Indiens vivent les standards français de l'intérieur. Des programmes de parasport et de bien-être à l'image des Jeux que l'Inde dit vouloir organiser.

La prudence du CIO n'est pas un refus : c'est une feuille de route. Et presque chaque ligne — culture de gouvernance, formation des athlètes, discipline de livraison — est une ligne que la France vient de maîtriser et propose de partager. La candidature indienne ne manque pas d'ambition ; elle doit prouver sa capacité. Cette preuve habite en France. Le pont est ouvert — reste à savoir à quelle vitesse l'Inde choisira de le traverser.

Restez informé

Recevez les nouveaux articles par e-mail

Un court e-mail à chaque nouvelle publication. Pas de spam — désinscription à tout moment.