Le 18 juin 2026, une circulaire du Département des entreprises publiques a fait quelque chose de discret sur le papier et considérable dans les faits : elle a désigné le « Développement des activités sportives » comme thème RSE commun pour les exercices 2026-27 et 2027-28. Le sport avait toujours été éligible aux dépenses de responsabilité sociale des entreprises au titre de l'Annexe VII de la loi sur les sociétés ; il n'avait jamais été prioritaire. Il l'est désormais — avec des domaines d'intervention nommés : infrastructures sportives, équipement, encadrement professionnel, promotion du sport et accompagnement des sportifs.
Le mécanisme compte. Les entreprises publiques centrales indiennes sont invitées à orienter une large part de leur RSE — le cadre des thèmes communs a longtemps évoqué environ 60 % — vers des priorités notifiées. Pour deux exercices, le sport figure sur cette liste. En clair : il existe désormais une réserve de fonds publics dont les responsables recherchent activement des projets sportifs crédibles à financer.
Voici la bifurcation. La voie facile pour dépenser la RSE dans le sport consiste à acheter ce qui se photographie — des équipements, un tournoi d'un jour, une banderole. C'est dépensé, c'est vu, et c'est terminé. L'autre voie consiste à acheter ce qui s'accumule : l'encadrement, les parcours, les systèmes — la mécanique peu spectaculaire qui transforme un talent brut en athlète pour une décennie, non pour un cycle médiatique. Les domaines d'intervention du DPE lui-même — « encadrement professionnel », « accompagnement des sportifs » — pointent précisément vers cette seconde voie.
Et c'est précisément là que le pont France-Inde trouve sa place dans un plan RSE. Les domaines d'intervention ressemblent à une description de ce qu'IFSA transporte déjà à travers ce pont : la méthode d'encadrement française et les parcours en académie (notre travail avec l'Olympique Lyonnais et le LOSC Lille), le parcours étudiant-athlète qui conserve ensemble un diplôme et un sport, l'expertise parasport alignée sur le nouveau programme Para Élan, et le tournoi — le Tournoi de football indo-français — qui réunit la jeunesse française et indienne sur le même terrain. Une roupie de RSE dépensée dans un programme franco-indien n'achète pas une opération de communication ; elle achète un transfert de méthode d'un pays qui a passé quarante ans à la perfectionner.
Voici donc la suggestion, sans détour, à un responsable RSE d'entreprise publique qui voit le sport nouvellement inscrit sur la liste, avec une fenêtre de deux ans pour l'utiliser : financez le parcours, pas la photo. Soutenez les programmes qui construisent des entraîneurs et des systèmes — et choisissez ceux qui ont, de l'autre côté, un partenaire capable de fournir la méthode que l'Inde est encore en train de construire. Ce n'est pas un appel à dépenser plus. C'est un appel à dépenser le même argent sur ce qui dure.
L'argent est arrivé. La seule question est de savoir s'il construit une banderole ou un pont.




