Le réflexe, lorsqu'une prestigieuse affiche européenne devient disponible, est de considérer l'accueil de l'événement lui-même comme l'accomplissement — réserver le stade, vendre les billets, se préoccuper de « l'héritage » dans le communiqué de presse d'après-match. À l'IFSA, nous avons construit notre travail dans le football à l'inverse : rien n'est proposé tant que le plan d'héritage n'existe pas d'abord, sur le papier, avant même la vente du premier billet.
Cette discipline vient de ce qui a déjà fonctionné. Un stage de formation que nous avons organisé au Meghalaya a apporté davantage aux joueurs qui y ont participé qu'un seul après-midi de paillettes n'aurait jamais pu le faire — non pas parce qu'il était spectaculaire, mais parce que les entraîneurs et les athlètes qui y ont pris part utilisaient encore ce qu'ils avaient appris le mois suivant. C'est la norme. Lorsque nous avons commencé à explorer la possibilité pour l'Inde d'accueillir un jour l'une des affiches de club les plus prestigieuses d'Europe — une Supercoupe nationale opposant le champion en titre d'un pays à son vainqueur de coupe — nous avons construit la proposition pour atteindre cette même norme, et non une norme rabaissée pour faire les gros titres.
Quatre conditions doivent être réunies avant même que le stade ne soit réservé. Un club professionnel européen doit établir une véritable présence d'encadrement en Inde — identifier et former des talents locaux sur le terrain — comme condition préalable au partenariat, et non comme une annonce venant après coup. Une filière structurée doit exister pour que les joueurs des académies indiennes puissent effectuer des essais dans des clubs professionnels européens — repérés, évalués, signés — afin que l'affiche produise, à terme, des carrières, et non un simple week-end de contenu. L'affiche elle-même doit être conçue pour revenir, et non pour simplement passer : une compétition annuelle, en alternance, car un stade qui se remplit une fois par décennie ne construit rien, tandis qu'un stade qui se remplit chaque année crée une habitude. Et l'État indien qui finira par mettre le stade à disposition doit repartir avec un véritable actif footballistique — une infrastructure d'encadrement, une présence d'académie, une filière de talents — et non un dossier de factures d'hospitalité et de photographies.
Nous n'allons pas prétendre que c'est terminé. Des partenariats comme celui-ci avancent au rythme de deux fédérations, de deux gouvernements et d'un calendrier footballistique qu'aucun de nous ne maîtrise entièrement — celui-ci reste, à ce stade, un travail très largement en cours de l'autre côté de la table. Mais la norme, elle, ne bouge pas pendant que nous attendons : aucune grande affiche n'avance sans réponse à la question de ce que l'État hôte conserve une fois les projecteurs éteints.

